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Séminaire 2016-2017 : « Anticiper le futur de la santé : un enjeu éthique »

mardi 8 novembre 2016, par Kenza Meramria

Séminaire de recherche interdisciplinaire d’éthique

Anticiper le futur de la santé : un enjeu éthique


Ce nouveau cycle 2016/2017 se situe dans la continuité des séminaires « Anticipation(s) : penser et agir avec le futur » qui ont rassemblé 32 intervenants (philosophes, sociologues, psychologues, juristes, médecins et praticiens du soin) pendant deux ans (2014-2016).

Anticiper les futurs de la santé, c’est anticiper la santé du futur - mais pas seulement. Il ne s’agit pas d’établir une liste des nouvelles technologies ou des objets qui forment et formeront ce que l’on appelle désormais la santé numérique. Anticiper les futurs de la santé, c’est surtout et davantage s’interroger sur le champ de possibilités qui semblent enfouies à l’heure actuelle par certains tropismes technologiques. Anticiper les futurs de la santé, c’est identifier collectivement, et le plus en amont possible, les enjeux éthiques que cela implique. C’est aussi prendre soin de la santé du présent et de notre façon d’y être attentif sans contraindre l’espérance d’un futur meilleur. Enfin, anticiper les futurs de la santé, c’est remettre au centre des préoccupations une éthique de l’anticipation comprise comme une éthique de notre façon de prendre soin du futur.

Au fil de huit séances, nous ferons à la fois de l’anticipation un objet et une pratique. Lors du premier séminaire (« Anticipation(s) : penser et agir avec le futur », 2014-2016) où il s’agissait avant tout de distinguer les figures et les dispositifs contemporains de l’anticipation, nous avons ainsi identifié la prédiction, la projection et l’adaptation comme trois figures majeures de l’anticipation. Le nouveau séminaire mettra les résultats de ces recherches à l’épreuve du champ de la santé, privilégié par l’orientation des recherches de l’Espace éthique Île-de-France. Notre intention est, pour chaque séance, d’explorer un « futur de la santé » en proposant à l’intervenant de réagir à une fiction construite par sous-détermination (opération qui consiste à soustraire un élément structurant d’un ensemble).

Coordination scientifique : Léo Coutellec, Alexia Jolivet, Sebastian J. Moser, Paul-Loup Weil-Dubuc & Emmanuel Hirsch

Programme :

Mardi 11 octobre 2016 : une maladie sans symptôme

Coordination : Paul-Loup Weil-Dubuc
Sans le symptôme, que devient la maladie ? Faut-il penser qu’avec le symptôme disparaît l’idée même de maladie ou une certaine idée de la maladie ? Cette première séance donnera sans doute l’occasion de prendre la mesure de l’importance du symptôme dans notre idée de la maladie et dans les dispositifs collectifs que nous mettons en œuvre pour y faire face, y compris à l’heure où la médecine s’oriente vers des diagnostics pré-symptomatiques, voire a-symptomatiques.


Lundi 14 novembre 2016 : Un malade sans entourage

Coordination : Sebastian J. Moser
Deux grandes tendances nous invitent à anticiper un futur dans lequel la personne malade est dépourvue d’un entourage stable qui l’accompagne et la soutien dans son parcours de soin ainsi que dans son quotidien : l’affaiblissement des liens sociaux et la fragilisation de la solidarité familiale d’un côté ; la professionnalisation et l’utilisation croissante de la technologie dans le domaine du soin de l’autre. Nous explorerons un futur possible où les professionnels du secteur médico-social auront remplacé les parents ainsi que le voisin d’autrefois, et où la télémédecine et la livraison du traitement personnalisé auront rendu obsolète la relation avec le médecin généraliste et le pharmacien du quartier.


Lundi 5 décembre 2016 : Une santé sans médecin

Coordination : Léo Coutellec
Le rôle et la place du médecin dans le système de santé actuel est central. Mais il est en pleine évolution : quelques indices nous montrent que cette évolution pourrait être radicale au point de réduire voire de suspendre la centralité du médecin dans la prise en charge des personnes dans la maladie. Mutations technologiques, sociales et culturelles seraient en train de déplacer le point nodal du cabinet vers d’autres espaces plus diffus, plus distribués, moins saisissables. C’est cette hypothèse que nous souhaitons mettre à l’épreuve à l’occasion de cette séance car elle ne va pas de soi et soulève des questionnements éthiques d’une grande sensibilité.


Lundi 16 janvier 2017 : Une médecine sans maladie

Coordination : Léo Coutellec
À la maladie est associée l’idée de catégorisation organisée par l’identification des causes et des symptômes. Qu’en est-il lorsque les causes deviennent invisibles, la guérison impossible et que l’identification d’un évènement physiopathologique se fait avant l’apparition de tout symptôme ? Peut-on alors encore parler d’une médecine basée sur l’identification et la lutte contre les maladies ? C’est le concept même de maladie qui est en mutation et, avec lui, la place que la médecine moderne accorde à celle-ci. La fin des maladies n’est peut être pas l’issue d’un effort curatif mais l’horizon d’un effort d’anticipation, pré-, voire a-symptomatique. C’est l’hypothèse que nous proposons pour cette séance.


Lundi 13 février 2017 : Un système de santé sans soin

Coordination : Alexia Jolivet
Santé et soin sont deux concepts a priori intrinsèquement liés. Il s’agit ici de les mettre en tension. Alors que nous avons cheminé d’un soin placé au cœur de la médecine hippocratique, à une médecine sans le soin chez Claude Bernard, pour enfin réhabiliter le soin par le biais des théories centrées sur la personne ou par la valorisation de la santé comme norme du soin, un « système de santé sans soin » nous fait entrevoir deux types de possibles :
1°) Une mise à l’écart du soin face à une médecine de la santé technisée et individualisée à outrance qui occulterait le sujet souffrant ou au contraire la responsabiliserait dans une autonomie excessive ;
2°) Un schisme entre système de santé et système de soin au regard des tendances évolutives de l’organisation des réseaux de santé.


Lundi 14 mars 2017 : Une santé sans standard

Coordination : Alexia Jolivet
Pouvons-nous penser une santé sans standards, qu’ils soient économiques, juridiques, ou médicaux ? Cette séance a, notamment, pour but d’interroger les possibles d’un système de santé qui se dissocierait de formes normatives et évaluatrices classiques qui tendent à entrevoir la santé selon une approche de la mesure performante. D’un système de santé sans standards à un système de santé sans mesure, sans norme, à un système de santé sans système, il n’y aura qu’un pas… réflexif… que nous tenterons de faire. Ces différentes approches nous permettront de mettre en lumière, de manière saillante, les affres ou au contraire les nécessités d’une santé encadrée.


Lundi 24 avril 2017 : Une médecine sans médicament

Coordination : Sebastian J. Moser
Malgré le fait qu’il existe différentes formes de soins, le médicament semble être le moyen universel de guérison dans les sociétés occidentales. Mais ne faut-il pas constater que le médicament est devenu trop souvent un moeyn pour se rétablir de manière accélérée ? Vouloir supprimer le médicament - au moins dans un futur imaginable - cela veut dire remettre en question tout un fonctionnement sociétal. Les questions qui nous occupent se déclinent en « Et si… ? » : et si la médecine et la santé publique était entièrement basée sur une approche préventive ? Et si le maintien d’une bonne santé par une activité sportive régulière, une alimentation équilibrée, et des temps de répit, était prise en charge par la collectivité ? Et si les personnes malades n’acceptaient plus que leurs traitements aient autant d’effets secondaires que d’effets bénéfiques ?


Lundi 15 mai 2017 : Une maladie sans guérison

Coordination : Paul-Loup Weil-Dubuc
Nous connaissons de nombreux exemples de maladies qui ne se guérissent pas. La maladie diffère a priori du handicap par deux caractéristiques en tension : la première est l’espoir de la découverte d’un traitement la concernant ; la seconde est la menace vitale qu’elle représente. La maladie, semble-t-il, guérissable. Là où le handicap affecte les capacités de la personne, la maladie se présente a priori comme une menace provisoire, aussi bien à l’échelle individuelle que collective. Mais que dire d’une maladie dont on ne peut guère espérer un traitement curatif et qui ne représente pas une menace vitale ? À quelles conditions peut-on et doit-on encore la considérer comme une maladie ?

Informations pratiques :
Lieu :
Espace éthique Île-de-France
Hôpital Saint-Louis,
Quadrilatère historique, porte 9
1, avenue Claude Vellefaux
75010 Paris

Horaires :
Toutes les séances se déroulent de 18h30 à 20h30.

Liens utiles :
Le blog de recherche du séminaire, ici.
Le site internet de l’espace éthique Île-de-France, ici.

Partenaires :
Les magazines « What’s up Doc », Usbek&Rica, et la Revue Française d’éthique appliquée.

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