Pour une démocratie des savoirs, vers une démocratisation des choix scientifiques

« La recherche publique n’a jamais été autant dominée par quelques très gros acteurs et par le secteur privé industriel. Une politique de puissance gaspille les ressources et entrave le développement d’alternatives capables de répondre aux problèmes actuels. Les modalités de la participation des citoyens aux choix scientifiques et technologiques qui se mettent en place ont des visées trop limitées pour contrecarrer cette dynamique d’un capitalisme forcené appuyé sur une technoscience marchande. Quelles pourraient être les voies d’une véritable « démocratie technique ? »

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2 Messages de forum

  • La démocratie des savoirs ne peut passer que par une reconnaissance des sociétés et des groupes sociaux ancrés dans le local. La parole des malades face aux médecins a besoin de forums dialogiques pour pouvoir être entendue et participer à une co-construction des savoirs, de même que celle des groupes locaux (pêcheurs, chasseurs, agriculteurs par exemple) ou des sociétés autochtones (Inuit du Canada ou Indiens de Guyane) a besoin d’instances de co-gestion pour que savoirs scientifiques et savoirs locaux deviennent complémentaires et non antagonistes. Si cette reconnaissance des autres systèmes de savoirs a lieu, si elle est relayée par des processus (cogestion, conférences citoyennes…) et de nouveaux registres d’action collectives, les choix scientifiques et technologiques ne seront plus l’otage ni « d’une politique de puissance » ni du secteur privé industriel. Profanes, comme la sociologie les appelle, ou acteurs locaux, s’allient, lors de conflits majeurs où les citoyens ne peuvent se faire entendre, avec environnementalistes ou autres groupes et associations de citoyens, pour proposer et imposer des alternatives « durables » (environnementalement et humainement).

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  • Ce n’est pas uniquement le rôle ni l’emprise du privé qui doit changer. La politique publique de recherche est un problème en soi, car elle ne permet pas à l’heure actuelle d’intégrer des méthodes participatives : ni en matière de choix des orientations ni en matière de pratiques de recherche (seuls quelques instituts s’orientent vers de telles pratiques participatives, difficiles à mettre en œuvre mais nécessaires pour contrebalancer la recherche en laboratoire et les publications « autonormées » des disciplines, qui évacuent d’emblée un ensemble de paramètres réels). Tout cela est bien plus signifiant que l’emprise du privé, qui certes, lui aussi, dessert l’intérêt public dans la mesure où la logique concurrentielle est contraire au temps de la réfutabilité et de la controverse concernant les découvertes.

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